Catégorie : semences

Retour sur le Festival « De la terre sur les mains »

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Le Festival Graines de Oaï « De la terre sur les mains » vient de fermer ses portes. C’est l’occasion de faire le bilan.

Le point d’orgue d’une série commencée en septembre

Les 1er, 2 et 3 février ont fait suite à deux autres dates. Le cycle du Festival a en effet débuté en septembre 2018 avec la projection du film « Sacré Village » en partenariat avec Images de Ville. C’était une première pour Graines de Oaï et déjà une « sacrée » expérience. Le film de Marie-Monique Robin montre la démarche que le maire d’Ungersheim a faite pour rendre son village autonome au niveau alimentaire et énergétique.

Le 27 octobre a été l’occasion de diffuser « La semence dans tous ses états » de Christophe Guyon qui insiste sur les dérives actuelles concernant les semences. A cette occasion, Carole a pu rappeler les points fondamentaux qui distinguent les semences paysannes des semences hybrides F1 et Thierry Seren, paysan-boulanger a pu nous faire partager son témoignage.

Gérard Boinon la pièce maîtresse de ce Festival

L’objet de notre association est de promouvoir les semences paysannes. Mais des actes valent mieux que de grands discours. Aussi, faire venir témoigner des personnes qui se battent au quotidien dans les champs et les institutions pour leur défense est une priorité.

Carole et Gérard
la présidente et Gérard

Nous avons donc contacté Gérard Boinon et il a accepté d’intervenir bénévolement lors de ce festival pour apporter son témoignage et élargir un peu plus la portée de chaque film diffusé.

Paysan à la retraite, il a été à ses débuts un fervent défenseur du modèle de l’agriculture industrielle. Il est tombé malade suite à une manipulation d’herbicide. Et c’est ce qui l’a amené à se questionner sur l’utilisation de ces produits, sur les pratiques des grands semenciers, sur le modèle agricole dans sa globalité.

salle attentive aux explications de Gérard
Tous attentifs

Il porte encore aujourd’hui les séquelles de cette malencontreuse exposition à un pesticide.

3 jours, 3 films

En plus de ce témoignage plein de vie, de conviction et de sourires, les films diffusés ont également apporté de nouvelles perspectives à notre combat. Ils abordent des thèmes différents mais se complètent bien.

Ainsi, le film « Secrets des champs » nous a emporté au cœur des plantes pour nous expliquer la magie des interactions entre les plantes et les insectes, entre les plantes et la vie du sol et enfin entre les plantes entre elles.

Le second film, « Les Argonautes » a traité des problèmes liés à l’installation de nouveaux agriculteurs, non issus de ce milieu là, les NIMA, comme on dit. On voit le combat et la détermination de la réalisatrice et de son mari pour parvenir à vivre de leur métier, paysans boulangers.

les semences du futur
Cinéma St Exupery- les semences du futur

Pour finir, « Les semences du futur » est sans doute le plus technique des films diffusés. Il aborde les nouvelles méthodes de production de semences en présentant d’un côté le parcours de partisans des semences paysannes et de l’autre les méthodes industrielles à base de manipulations génétiques notamment.

Ces trois films se complètent pour amener les éléments de réflexion sur les changements à soutenir dans l’agriculture.

Des associations et des petits producteurs pour montrer que le changement est en marche

En plus de ces films et du témoignage de Gérard Boinon, le public a pu rencontrer des producteurs locaux qui sont l’incarnation de la possibilité du changement et d’autres associations dont les combats sont proches du notre.

Nous avions ainsi présents avec nous pour cette première édition :

Alain et sa bonne humeur
Alain et sa bonne humeur
  • Alain Chabrand, des ruchers de la Nerthe avec son miel on ne peut plus local
  • Alternatiba Martigues qui milite pour trouver des solutions pour face au changement climatique
  • Christel Sicardi, Le Safran de l’Escalette
  • Danièle, coiffeuse au salon Danièle C qui a remplacé ses teintures à base de produits chimiques par des soin aux plantes
  • Eva Straboni de l’Atelier de la Lanterne avec ses huiles de massages et son approche énergétique du bien-être
  • Martin Petitjean de La spiruline de la côte bleue qui présentait les bienfaits de cette algue magique
  • Nous voulons des Coquelicots qui présentait sa pétition pour interdire les pesticides
  • Olivier Mazet d’Epices Village et ses produits plein de saveurs estampillés Nature et Progrès

L’accueil de tous ces stands a été possible grâce au prêt de la salle par la mairie de Gignac-la-Nerthe. A l’occasion de ce Festival, M. Amiraty, le maire, nous a renouvelé son soutien, et nous l’en remercions chaleureusement !

Et les bénévoles de Graines de Oaï

A ces stands de producteurs, s’ajoutaient nos stands de sensibilisation à la biodiversité, de présentation de produits naturels pour la maison, de jardinage… Sans oublier la buvette !

Barbara et nouvel adhérent
Barbara et un nouvel adhérent
marie et la maison au naturel
Marie et la maison au naturel

Ils étaient tenus joyeusement par les adhérents de Graines de Oaï. Une belle énergie a été mise pour assurer l’installation de la salle, sa décoration, sa sécurité… Et tout le monde s’est investi pour faire de bons petits plats pour régaler le public. Une mention spéciale pour la soupe qui a permis de réchauffer les courageux qui ont bravé la pluie battante et le froid pour venir.

Un beau travail des bénévoles, le tout dans une bonne ambiance

Et la suite ?

Devant les bons retours du public, des exposants, et des bénévoles, il a déjà été décidé que reconduire ce festival l’année prochaine.

Gérard Boinon nous fait également l’honneur de devenir le parrain de Graines de Oaï. Un geste qui nous touche beaucoup et nous regonfle d’énergie pour continuer le combat !

Nous espérons vous voir nombreux à continuer à nous soutenir.

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Cours de jardinage du 15 /12/18

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jeune maceron

La 1ère partie du cours Graines de Oaï a été consacrée à des révisions des cours précédents, sur la base d’un quizz.

Ensuite, nous avons fait des travaux pratiques afin de nous réchauffer un peu :

Observation du carré semé, le 10 novembre :

1/les engrais verts (mélange seigle, pois fourrager et vesce) ont bien poussé. Nous avions choisi de semer en rang. Le résultat obtenu est meilleur que celui du semis à la volée effectué par Carole, dans son jardin.

jeunes fèves
jeunes fèves

2/ les fèves ont bien poussé, également, de même que les petits pois. Pour ces derniers, semés en poquet, nous n’avons pas eu le coeur de retirer ceux qui sont les plus chétifs lorsque 2 graines ont germé. Nous le ferons sans doute au cours du 12 janvier.

3/ le maceron ( nom botanique : Smyrnium olusatrum) , en revanche, n’a pas encore germé. Il est conseillé de le semer de mars à octobre. Au vu de la clémence du temps, nous avons tenté un semis, le 10 novembre, mais il n’a pas apprécié.
Pour rappel, il s’agit d’une plante potagère et aromatique qui peut atteindre la taille de 1,5 mètre. Ses feuilles ressemblent à celles du céleri et se consomment cuites ou crues, tandis que les tiges peuvent être confites comme celle de l’angélique. Les racines sont cuisinées crues ou cuites, les fleurs se dégustent en beignets et enfin les graines servent de condiment. Donc, en résumé, tout est bon dans le maceron !

4/ sous le tas de paille qui recouvre les déchets verts, nous avons pu remarquer que des filaments de champignons commençaient à apparaître.

petits pois
petits pois

Préparation du second carré :

Nous avons travaillé ce second carré à la grelinette et nous y avons arraché des adventices. Nous n’avons rien semé car nous n’avons plus de graines de fèves et de petits pois.

Pour finir, nous avons rejoint le site du futur jardin de semences sur lequel les employés de la mairie de Gignac-la-Nerthe ont commencé à couper les cannes de Provence.

Nous avons tenté de visualiser les aménagements de notre parcelle avec ses différentes zones : pédagogique, patrimoniale, production et expérimentation.

Nous aurons l’occasion, lors de prochains ateliers, d’affiner nos schémas de plantations et notre zonage.

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La semence dans tous ses états à Gignac-la-Nerthe

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Demandez le programme

Graines de Oaï fêtait la semence paysanne, samedi 27 octobre, à l’Espace Pagnol de Gignac-la-Nerthe.

Le bureau

Le bureau (côté féminin)

Durant l’après-midi, Carole et Barbara, présidente et secrétaire de l’association, ont déroulé , à un rythme soutenu et, dans une ambiance positive et dynamique, un programme allant du global (la planète) au local ( le territoire), mêlant conférence sur la biodiversité menacée et les enjeux de la préservation des graines, la diffusion du documentaire de Christophe Guyon « La semence dans tous ses états » et l’intervention de Thierry Seren, paysan-boulanger à St Julien les Martigues.

Cet acteur local cultive les blés anciens pour produire sa farine et ensuite façonner un pain aux saveurs incomparables. Thierry a témoigné de son parcours professionnel et de son cheminement de vie qui l’ont mené de l’entreprise aux champs. Puis il a répondu à de nombreuses questions du public.

Thierry Seren, paysan boulanger

Thierry Seren, paysan boulanger

Des stands intelligents, ludiques ou encore gourmands

Par ailleurs, Jeanne, Monique, Nathalie, Franck, Jeff, Henri et Alain, membres actifs de Graines de Oaï étaient mobilisés pour l’animation des stands :

Echanges à la grainothèque

Echanges à la grainothèque

  • la grainothèque

  • un stand lombricompostage

  • un stand activités pour les enfants

Léna, Paul-Marie, Lydia et Anna accueillaient les gourmands à la buvette avec des gâteaux et des boissons maison.

Thierry Seren et son épouse avaient apporter quelques-uns de leurs pains, pour une dégustation.

Joce était également présente pour une vente de fromages de chèvre et, pour les amateurs de miel. Alain avait apporté quelques pots de celui qu’il a récolté au rucher école.

Qu’en a pensé le public ?

Les réactions du public ont été très positives : « un après-midi où on a appris plein de choses ; », « ambiance très sympathique », « merci pour vos actions », « ça fait plaisir de voir que des gens s’investissent pour défendre notre patrimoine », etc….

les graines du futur

les graines du futur

De plus, nous avons pu noter un vif intérêt pour les semences paysannes sur le stand grainothèque. En effet, de nombreux participants ont emprunté des semences paysannes de légumes, à planter en automne, mais également des graines pour le printemps. La grainothèque a enregistré un don de graines de fleurs et plusieurs promesses de dons.

Nous avons même rallier à notre projet 4 nouveaux adhérents. Ils suivront les cours de jardinage du samedi au GardenLab pour apprendre à cultiver les semences paysannes, en prenant soin de la terre et du vivant.

Oeufs de Oai

Oeufs de Oai

Que retenir sur la thématique de cet après-midi ?

Tout d’abord, la biodiversité des écosystèmes est gravement menacée. Il en est de même de nombreuses espèces animales et, près de nous, de l’abeille, considérée désormais comme

une espèce en voie de disparition.

Pour la biodiversité végétale, les lendemains ne sont pas meilleurs. Des plantes sauvages disparaissent à la vitesse de l’urbanisation, de la pollution et de la déforestation.

Quant aux espèces cultivées, l’érosion de la diversité depuis l’apparition du catalogue, dans les années 50, est évidente. Les semences hybrides F1 et les semences industrielles, en général, sont les seules commercialisables. Il en découle une perte des qualités gustatives et nutritionnelles car ces variétés ont été conçues uniquement pour des objectifs de production, de mécanisation et de conservation.

Ensuite, la mainmise des multinationales de l’agrochimie sur les semences, via les brevets et les Certificats d’Obtention Végétale, est une menace pour notre souveraineté alimentaire, pour la conservation de notre patrimoine, pour la biodiversité et pour la démocratie.

Enfin, les semences industrielles représentent un grave danger pour les sols et l’environnement mais aussi pour notre santé. Elles nécessitent un usage intensif des intrants chimiques.

Le documentaire de Christophe Guyon est, par ailleurs, alarmant pour ce qui concerne les OGM pour lesquels aucuns tests de toxicité rigoureux et indépendants ne sont effectués. Certains OGM (par mutagénèse) ne sont pas juridiquement considérés comme tels et échappent à la législation sur les OGM.

Il n’y a plus d’espoir ?

Nous pouvons relever une avancée : le nouveau règlement européen sur l’agriculture biologique permettra que les agriculteurs bio, à partir de 2021, utilisent les variétés anciennes et réensemencent leurs champs avec les graines qu’ils auront produites.

Au niveau national, la loi Egalim votée, le 2 octobre 2018, autorisait les associations, notamment, à vendre les semences paysannes aux jardiniers amateurs.

Nous nous en réjouissions, samedi dernier, car cela pouvait favoriser un usage plus répandu de ces variétés non commercialisées, jusqu’à maintenant, et donc oubliées dans les jardins potagers.

Censure

Le GNIS s’alarmait de cette autorisation. Le lobby des semenciers industriels a fait le reste. Des sénateurs ont saisi le Conseil Constitutionnel qui a décider de rejeter l’article 78 de la loi Egalim concernant les semences paysannes. ici

En conclusion

Restons mobilisés pour défendre les variétés paysannes libres et reproductibles !

Continuons de les diffuser grâce à la grainothèque !

Nous les cultiverons prochainement au jardin de semences, sur le Garden Lab, à Gignac-la-Nerthe !

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