Pourquoi une grainothèque?

De l’idée de Grainothèque

C’est au Conservatoire de Sainte-Marthe, à Millançay, que l’idée de créer, un une grainothèque, collection de graines à défendre et à propager dans les jardins amateurs a germé (sans mauvais jeu de mot).

En effet, en octobre 2017, la formation dispensée par Véronique Bonaventure, au Conservatoire, a fini de me convaincre. de la nécessité d’agir pour préserver la biodiversité végétale, notre patrimoine commun.

J’ai quitté la ferme avec quelques sachets de graines offerts par Intelligence verte et une mission à accomplir : diffuser, à mon tour, ce savoir et ces techniques qui m’ont été enseignées.

Dans cette mission, un aspect m’intéressait particulièrement : la recherche et la découverte de variétés locales oubliées. J’aime beaucoup cette idée de jouer les détectives à la recherche de graines perdues de vue dans les potagers mais, peut-être, encore conservées dans une petite boîte oubliée au fond d’un placard ou d’un tiroir.

Ensuite, quand on parle de semences paysannes, on touche aussi à l’identité et à l’histoire des territoires ; à ce qui les distingue et à ce qui les rapproche. L’aubergine peut être de Goult, de Barbentane, de Toulouse ou d’Egypte.

Entreprendre de collecter ces graines, c’est faire le constat de l’imagination créatrice du végétal qui a tissé des liens étroits avec son environnement et s’est renouvelé, sans cesse.

C’est d’ailleurs pour cela que chaque variété a une histoire et certaines de ces histoires sont passionnantes, surprenantes, mouvementées. Le nom des variétés est souvent une invitation au voyage, de quelques kilomètres à plusieurs milliers. L’imagination du collectionneur et la patience du jardinier peuvent faire émerger du passé, un végétal inattendu.

Pour moi, c’est un émerveillement de voir germer une graine et de découvrir la couleur de son feuillage, sa vigueur ou à l’inverse son caractère gracile, son port, ses fleurs puis l’apparition des 1ers fruits. Quand on fait soi-même ses semis, on sait bien que chaque plante est unique même au sein d’une variété.

C’est tout cela que j’ai eu envie de partager avec les autres. Je suis toujours émue quand un sachet quitte sa boite pour passer dans la main d’un jardinier qui va, à son tour, la cultiver dans son jardin.

Si il respecte son engagement, certes informel, il n’oubliera pas de conserver quelques graines pour réensemencer son potager et pour les échanger avec d’autres mordus du jardinage.

A la réalisation de la grainothèque

C’est donc pour toutes ces raisons, que la grainothèque a vu le jour et a été présentée au public ,pour la 1ère fois, le 21 avril 2018. Elle a ensuite été souvent réclamée et nous avons toujours répondu positivement aux sollicitations. Nous avons donné beaucoup de sachets et de nombreux conseils mais nous avons également reçu beaucoup d’encouragements à poursuivre notre engagement.

grainothèque mobile
Grainothèque mobile

Après un an d’itinérance, l’idée de créer une grainothèque au sein d’une bibliothèque, pour installer cette démarche d’échanges auprès d’un public régulier, est devenue évidente. Nous n’avons rien inventé ; des grainothèques existent, depuis plusieurs années, dans des médiathèques des 4 coins de France et à l’étranger.

L’association Graines de troc a bien contribué à l’essor de cet intérêt pour les semences paysannes.

Quand nous avons recherché un lieu approprié, c’est, là encore, un équipement municipal gignacais qui a bien voulu nous accueillir.

Patricia Colin, la responsable de la médiathèque, avait envie, de se lancer dans cette démarche, mais elle n’en avait pas eu les moyens jusqu’alors. L’apparition de GDO, dans le paysage gignacais et le projet agroécologique Garden Lab, a permis la concrétisation de ce projet de grainothèque.

Elle a été inaugurée, le 9 mars dernier, et nous espérons que cette mise à disposition du public gignacais sera une réussite. Cette sédentarisation, d’une partie de la collection, à laquelle nous sommes très attentifs, ne nous fait pas perdre de vue que la grainothèque doit conserver son caractère nomade et aller par les chemins, à la rencontre de tous les jardiniers.

C’est ainsi qu’elle était de sortie le 14 avril pour les Floralies à Marignane.

Et vous la trouverez aussi :

– le 28 avril 2019 à Saint-Pierre les Martigues, lors de la 8e bourse aux plantes

– le 26 mai 2019 à Vitrolles pour la fête de la Terre Mère

– le 15 juin 2019 à Marseille (13e), pour la fête de la Nature organisée par l’association Colinéo

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