Conférence : sauvons les sols

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Samedi 8 décembre à 20 heures, l’association AlternatiVelaux avait invité Claude et Lydia Bourguignon, pour une conférence sur le sujet de l’agriculture durable.

Lydia et Claude Bourguignon
Lydia et Claude Bourguignon

Ingénieur agronome et ancien chercheur à l’INRA pour lui et scientifique pour elle, ils ont fondé, il y a 30 ans, le Laboratoire d’analyses microbiologiques des sols(LAMS).

Depuis plusieurs décennies, ces deux experts sillonnent le monde. Ils conseillent les paysans sur la gestion de leur sol. Ce samedi 8 décembre c’était devant une salle de 300 personnes, comble, qu’ils ont su mettre à la portée de tous des informations pourtant quelquefois très techniques. L’apprenti jardinier souhaitant améliorer les performances de son potager pouvait repartir satisfait, comme le maraîcher débutant dans l’agriculture durable. Les plus avertis auront saisi aussi les signaux d’alerte du couple Bourguignon sur l’avenir de notre Terre et de l’humanité.

Du global au local

Premier constat, à l’échelle de la planète, le sol va mal. La déforestation et l’usage massif des produits chimiques dans l’agriculture ont produit une érosion des sols. Ce phénomène est encore renforcé par des épisodes climatiques intenses, comme par exemple au Brésil.

Plus proche de nous, en Italie, les labours et la mécanisation ont déstructuré les sols. Tant et si bien qu’en certains lieux, on observe jusqu’à un mètre de différence entre le niveau du terrain en lisière de forêt et celui des terrains agricoles.

Dans notre pays, le constat n’est pas meilleur. Les pratiques agricoles et les engrais chimiques ont éliminé la plupart de la vie composée de microbes, d’insectes, de vers, de champignons. Les terres ne sont donc plus aérées et la matière organique manque. Les vers devenus insuffisants en nombre ne font plus aussi bien leur travail de retournement de la terre.


Les rôles du sol sont multiples

Collemboles
Collembolles

Sa mauvaise santé engendre donc de nombreux problèmes. Par exemple, son état dégradé empêche la rétention de certains éléments. Les nitrates, qui descendent alors dans les nappes phréatiques et les rivières, les polluent.

Les fonctions du sol

Par ailleurs, les pluies ne s’infiltrent plus dans des sols trop compactés d’où les inondations violentes que nous connaissons de plus en plus souvent.

Son rôle de stockage du carbone n’est également plus assuré. Et qui dit carbone relâché dans l’atmosphère dit réchauffement climatique. Le changement climatique est à l’origine d’épisodes intenses de pluie ou de sécheresse qui abîme chaque fois plus le sol. La boucle infernale est bouclée.

L’enjeu est aussi celui de la sécurité alimentaire : Les terres arables se font rares du fait du lessivage des sols. Comment allons-nous nourrir 9 milliards et bientôt 10 milliards d’humains ? (1 milliard supplémentaires par décennie, rappelle Claude Bourguignon)
L’urbanisation est également un problème. Nous perdons l’équivalent d’un département français qui est bétonné tous les sept ans dans le pays. Pour ne rien gâcher, cela concerne souvent les meilleures terres et les plus accessibles.

Le choix des graines est essentiel!

La question des semences paysannes a également été évoquée. Les Bourguignon ont insisté sur la perte de diversité et sur la captivité dans laquelle se retrouvent les agriculteurs du fait de l’utilisation de semences hybride F1. L’achat de ces graines et des produits qui leurs sont associés les poussent à produire toujours plus, sur des sols de plus en plus abimés. Le cercle vicieux est alors enclenché. Pour augmenter leurs rendements, ils accroissent la fertilisation chimique qui vient tuer un peu plus la vie du sol.

Des conseils pratiques

Le compost, le mulch et le BRF sont préconisés pour couvrir et nourrir les sols abîmés. Le semis direct sous couvert végétal, technique peu connue, doit être généralisé pour ne plus laisser les sols à nu.  Les déchets verts doivent également être utilisés comme toutes les techniques qui permettent de restaurer la vie du sol. Pour faire simple, cela consiste à ne jamais laisser le sol nu, en semant, après chaque culture, un couvert végétal qui va venir nourrir la terre.
Ces solutions passent toutefois par la réduction des surfaces des exploitations et la multiplication des installations de producteurs sur petite surface (1000 m²). Plus globalement, une nouveau modèle agricole doit émerger.

Durant cette conférence, après l’apport de nombreux éléments statistiques et l’interprétation de courbes alarmantes comme celles de la production de blé avec la progression démographique , les Bourguignons ont délivré des conseils pour retrouver une bonne terre sur son petit lopin ou sur son exploitation.

Bois raméal fragmenté

Cette présentation suivie de questions-réponses a été très riche d’enseignements pour les Graines de Oaï. Elle nous a encore plus confortés dans notre stratégie de culture pour le jardin de semences tout autant que dans notre rôle de diffusion des connaissances.

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Joyeux anniversaire Graines de Oaï!

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  • fatigue
    fatigue

Ça y est ! La première bougie de Graines de Oaï vient d’être soufflée. Les adhérent.e.s sont venus nombreux avec leur famille pour célébrer cet anniversaire. Ce 1er décembre, nous étions réunis au siège de l’association. Comme lors de sa création il y a un an jour pour jour. Mais cette fois les meubles ont dû être poussés. En effet, les graines semées en 2017 se sont resemées et de nouveaux adhérents sont venus renforcer les rangs de Graines de Oaï.

Retour sur les activités de 2018

 
Après des retrouvailles autour d’un bon feu et d’un verre de bienvenue, Carole, la Présidente, est revenue sur les événements marquants de l’année et sur le chemin parcouru. Partie de 7 adhérents, l’association en compte aujourd’hui plus de 35. Les activités n’ont pas manqué pour occuper ces nouvelles recrues:
– La grainothèque a dû être créée de zéro. Elle a depuis voyagé dans plusieurs communes alentours et a permis de distribuer de nombreux sachets de graines.
– Les conférences et projections de films comme celle du 27 octobre à Gignac-la-nerthe ont permis de sensibiliser le public à la problématique des semences
– L’association a également participé à des événements comme la journée du GardenLab à Gignac, Alternatiba à Martigues ou « un air d’automne » à Marignane. Graines de Oaï a même été réclamée jusqu’à Port de Bouc lors du Festival de Camargue!
– Les cours de jardinage ont trouvé leur public et tous manient la « Gre(lo)linette » avec le sourire ;-).

Et pour 2019?

 
Mais ce n’est qu’un début. En effet, 2019 s’annonce chargé de projets et de nouvelles aventures.
 
La grainothèque, en plus de ses déplacements lors d’événements, sera sédentarisée à la bibliothèque de Gignac-la-nerthe.
 
Un appel aux bonnes volontés pour aider à l’organisation du Festival « De la terre sur les mains » qui aura lieu les 1er, 2 et 3 Février prochain est d’ores et déjà passé. Il reste beaucoup de travail car l’objectif est ambitieux: en faire le temps fort du début d’année et le pérenniser pour qu’il devienne un rendez-vous annuel important de l’association.
 
L’autre gros projet est bien sûr le jardin de semences qui devrait être disponible à partir du mois de Mars 2019. Ce lieu sera la vitrine de l’association et lui permettra de:
– Cultiver de la graine à la graine pour alimenter le stock de la grainothèque.
– Recevoir du public lors d’événements et d’animations, notamment à destination des enfants.
– Assurer les cours de jardinage.
– …
 
Mais ce sera également le lieu de vie de l’association, l’écrin de ses moments de convivialité. Après une présentation du plan du futur jardin, les adhérents ont été invités à écrire leurs idées d’aménagement ou d’activités sur des post-it. Une synthèse sera présentée lors de l’AG du 12 janvier prochain.
 
Cette AG sera également l’occasion de changements administratifs. Pour mener à bien tous ces projets, le bureau va être agrandi et un Conseil d’administration va être créé. Avis aux volontaires!
 
Tout cela montre que l’association grandit et qu’elle sème chaque jour un peu plus les graines du changement.
 
Une chose n’a cependant pas changé en un an, c’est le plaisir que chacun prend à se retrouver et à partager autour d’un verre et d’un buffet bien garni!
 
Barbara
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Jardinage le 10/11/18 au GardenLab de Gignac

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Thème prévu initialement au cours de jardinage:

Le potager d’hiver et la multiplication des végétaux

Profitant de l’interruption de la pluie, il est proposé de changer le programme du cours de jardinage de la matinée, pour faire de la pratique. La séquence multiplication des végétaux est reportée au 1er semestre 2019.

Nous avons accueilli 2 nouvelles adhérentes et apprenties jardinières : Josette et Laetitia.

Des tests devaient être réalisés à la maison pour diagnostiquer le sol. Monique et Blanche ont apporté leurs échantillons mais nous n’avons pas pu en tirer des conclusions car ceux-ci n’ont pas été prélevés suffisamment en profondeur. En effet, il faut recueillir la terre à, au moins, 15 cm de la surface.

1- Quelques apports théoriques au sujet de la vie et de la santé du sol :

la fertilité des sols

La fertilité des sols

a – la fertilité des sols

Il faut distinguer 3 types de fertilité :

  • chimique : c’est la présence d’éléments minéraux du sol et leur disponibilité en quantité
  • physique : c’est l’amélioration de la résistance du sol à la désagrégation par l’eau, à la compaction et l’amélioration de la circulation et de la rétention en eau
  • biologique : c’est la stimulation de la quantité et de l’activité des micro-organismes du sol

L’azote a un rôle prépondérant dans la croissance des végétaux. Cependant, il n’est pas assimilable par les plantes à l’état gazeux mais, seulement, une fois qu’il est minéralisé, sous la forme de nitrates. Cette minéralisation est effectuée par les bactéries présentes, dans le sol. Attention, ces bactéries ont besoin d’air pour vivre ; c’est la raison pour laquelle le jardinier doit veiller à aérer le sol.

b – les amendements organiques 
Les engrais verts :

ils vont favoriser l’activité microbienne et contiennent du sucre donc de l’énergie nécessaire aux microbes et de l’azote.

Ils prélèvent les éléments dont ils ont besoin, dans le sol, et en se décomposant ensuite ils vont les libérer. Il faut les enfouir au début du printemps lorsque les micro-organismes reprennent leur activité. Ils doivent être détruits avant la floraison car c’est, à ce moment, qu’ils contiennent le plus de sucre. Si on attend trop, ils se lignifient.

Les engrais verts vont également assurer la stabilité de la structure du sol.

Quand ils sont enfouis, ils sont rapidement colonisés par des bactéries et des champignons.

Les bactéries sécrètent un exsudat qui va servir de colle entre les particules du sol, ce qui va former des micro-agrégats et donner une structure grumeleuse à la terre. Cependant, cette action est de courte durée si on apporte pas régulièrement des matières organiques.

Les fumiers :

ils vont stimuler l’activité de la biomasse du sol. Ils vont également augmenter le niveau de minéralisation de l’azote.

Le fumier ne doit pas être enfoui à plus de 10 cm et ne doit pas être déposé sur sol nu, à l’automne, car risque de faim d’azote.

Les composts :

Ils vont fournir un stock de carbone organique. Leur action est lente. Attention, le compost vert ne doit pas être enfoui car il dégage ensuite des températures importantes. Seul le compost mûr peut être enfoui. Pas trop profondément ( maxi 10 cm)

Pour les cultures maraîchères : on va utiliser un compost jeune pour les légumes exigeants en azote ( poireaux, choux), un compost mûr pour les légumes racines et un compost très mûr pour les terres de semis, les terres à rempoter.

Les différents amendements organiques n’ont pas tous la même action sur les fertilités. Il est parfois utile d’alterner leur usage. On peut apporter un amendement rapidement dégradable chaque année. Ensuite, tous les 2 ou 4 ans , on apportera un amendement plus stable comme un compost.

Suivant le problème rencontré , on utilisera tel ou tel amendement. Par exemple, pour améliorer rapidement la stabilité d’un sol, on emploiera du fumier (fermentescible).

Idéalement, la dose utilisée sera calculée en fonction du type de sol, de sa granulométrie, de sa teneur en MO.

2- Les acteurs de la vie du sol :

– les vers de terre : actuellement il y en a 100 kg par hectare alors qu’il en faudrait plus de 2 tonnes.

Il y a les vers épigés : vivent à la surface du sol, au niveau de la litière et dans les matières organiques en décomposition. Ils jouent un rôle important dans le recyclage de la matière organique.

Les vers endogés : vivent dans le sol et creusent des galeries horizontales, se nourrissent de terre.

Les vers de terre anéciques : vivent dans des galeries verticales et viennent de nourrir à la surface du sol. On peut voir leurs excréments à la surface de la terre (tortillons).

Ces vers modifient la structure du sol et participent à la transformation chimique et physique des végétaux. Ils incorporent dans le sol de la matière organique présente en surface. On les appelle les ingénieurs de l ‘écosystème. Ils sont aussi une source de nourriture pour d’autres animaux.

Les champignons : action sur la structure du sol car ils produisent le mycélium qui le stabilise (comme les mailles d’un filet). Ils décomposent la lignine des plantes qui est la principales source d’humus dans le sol.

Les mycorhizes : 95 % des plantes bénéficient d’une association avec des champignons du sol en formant des mycorhizes. Cela permet aux plantes d’explorer davantage le sol et d’optimiser l’absorption d’éléments nutritifs. Cela permet également de retenir l’eau et d’en restituer aux plantes.

3- Exercices pratiques :

Le groupe a procédé à l’arrachage des plantes du carré dévolu aux semences paysannes : tomates, courgettes, etc.

Les inflorescences de l’amarante ont été coupées afin de les faire sécher et de récolter les graines.

Les haricots ont été coupés mais les racines sont restées en place. En effet, ils appartiennent à la famille des fabacées qui sont les seuls végétaux qui ont la capacité de capter directement l’azote atmosphérique. Les racines vont poursuivre cette action.

La partie aérienne des haricots ainsi que tous les autres déchets verts sont déposés en butte. Celle-ci est ensuite couverte de paille. Lors du prochain cours, nous apporterons une couche de déchets bruns qui constitue un apport de matières carbonée.

Cette butte est un test qui nous permettra de vérifier, au printemps, ce qu’il s’ y est passé.

La paille a été retirée et le terrain a été travaillé, à la grelinette. Cet outil permet une aération du sol sans retournement, ce qui garantit la préservation de la micro-faune et favorise la vie des bactéries.

Ensuite, la carré a été découpé en 4 espaces tests :

  • planter un mélange d’engrais vert composé de vesce, de pois fourrager et de seigle

  • un pour plantation de fève d’Aquadulce

  • des pois variété « Douce Provence »

  • du maceron

Les différents espaces ont ensuite été paillés. Rappel : le sol ne doit jamais rester sans couverture.

Cette action va limiter la pousse des adventices, protéger le sol de l’érosion, du soleil et limiter le lessivage des nitrates, lors des pluies.

Bibliographie :

  • La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben – 2017 – Editions les arènes

La vie secrète des arbres

La vie secrète des arbres

Le sol, la terre et les champs de C et L Bourguignon

Le sol, la terre et les champs de C et L Bourguignon

A ne pas manquer :

le 8 décembre à Velaux : conférence de Lydia et Claude Bourguignon

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Cours de jardinage du 20/10/2018 au GardenLab

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Graines de Oaï organise , une fois par mois un cours de jardinage, sur le Garden Lab, à la Pousaraque, jusqu’à la fin du mois de février 2019.

Ensuite, les séances se poursuivront sur une parcelle de 2000 m² aménagée, par la commune de Gignac-la-Nerthe, pour servir d’écrin au jardin de semences de GDO et aux futurs jardins partagés.

jardiniers en herbe en mode présentation cool

jardiniers en herbe en mode présentation cool

1ère séance

C’est le samedi 20 octobre dernier, à 10 heures que le groupe des jardiniers et jardinières s’est formé pour la 1ère séance de 2 heures.

Les participant.e.s ont exposé leurs attentes et leurs objectifs, autour d’un café et de quelques gâteaux faits maison, par Monique.

De l’envie de retrouver le potager de son enfance aux senteurs de tomates fraîchement cueillies, à la préoccupation de manger sainement, en passant par la perspective d’autonomie alimentaire grâce à la permaculture, les attentes sont variées. Nous veillerons à ce que chacun .e puisse avancer sereinement et sûrement dans son cheminement personnel.

Une graine de Oai pliant un sachet

Une graine de Oai en plein pliage de sachets

Biodiversité

Pour ce 1er cours, le thème était la biodiversité au jardin et les bénéfices que le jardinier peut en retirer. Il a aussi été question de la connaissance du sol. Une visite à chaque carré pour identifier les plantations, un focus particulier sur celui dédié aux semences paysannes et un petit tour pour admirer les planches de culture de Julie, maraîchère en devenir, et le cours peut débuter.

Observation et diagnoctic

Tout commence par l’observation car le jardinier ne doit pas imposer sa volonté au jardin mais plutôt travailler avec elle. Ce matin là, la découverte portait sur les plantes dont la présence est dominante sur le terrain. Les plantes bio-indicatrices donc, qui donne des informations sur la structure et la nature du sol.

plantes bio indicatrices

Arctium lappa

Les échantillons récoltés, et identifiés grâce à Barbara et Carole, ont ensuite été croisés avec les informations recueillies dans l’ouvrage de référence en la matière, de Thiry et Ducerf « Les plantes bio-indicatrices ».

Pour compléter ce début de diagnostic, quelques tests ont été abordés comme celui du bocal.

Préparation du potager d’hiver

A la fin de la matinée, tous sont repartis avec la consigne de poursuivre les tests sur la terre de leur jardin. Cela, afin d’en tirer les enseignements pour la préparation du potager d’hiver, thème du prochain cours qui aura lieu le 10 Novembre.

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La semence dans tous ses états à Gignac-la-Nerthe

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Graines de Oaï fêtait la semence paysanne, samedi 27 octobre, à l’Espace Pagnol de Gignac-la-Nerthe.

Le bureau

Le bureau (côté féminin)

Durant l’après-midi, Carole et Barbara, présidente et secrétaire de l’association, ont déroulé , à un rythme soutenu et, dans une ambiance positive et dynamique, un programme allant du global (la planète) au local ( le territoire), mêlant conférence sur la biodiversité menacée et les enjeux de la préservation des graines, la diffusion du documentaire de Christophe Guyon « La semence dans tous ses états » et l’intervention de Thierry Seren, paysan-boulanger à St Julien les Martigues.

Cet acteur local cultive les blés anciens pour produire sa farine et ensuite façonner un pain aux saveurs incomparables. Thierry a témoigné de son parcours professionnel et de son cheminement de vie qui l’ont mené de l’entreprise aux champs. Puis il a répondu à de nombreuses questions du public.

Thierry Seren, paysan boulanger

Thierry Seren, paysan boulanger

Des stands intelligents, ludiques ou encore gourmands

Par ailleurs, Jeanne, Monique, Nathalie, Franck, Jeff, Henri et Alain, membres actifs de Graines de Oaï étaient mobilisés pour l’animation des stands :

Echanges à la grainothèque

Echanges à la grainothèque

  • la grainothèque

  • un stand lombricompostage

  • un stand activités pour les enfants

Léna, Paul-Marie, Lydia et Anna accueillaient les gourmands à la buvette avec des gâteaux et des boissons maison.

Thierry Seren et son épouse avaient apporter quelques-uns de leurs pains, pour une dégustation.

Joce était également présente pour une vente de fromages de chèvre et, pour les amateurs de miel. Alain avait apporté quelques pots de celui qu’il a récolté au rucher école.

Qu’en a pensé le public ?

Les réactions du public ont été très positives : « un après-midi où on a appris plein de choses ; », « ambiance très sympathique », « merci pour vos actions », « ça fait plaisir de voir que des gens s’investissent pour défendre notre patrimoine », etc….

les graines du futur

les graines du futur

De plus, nous avons pu noter un vif intérêt pour les semences paysannes sur le stand grainothèque. En effet, de nombreux participants ont emprunté des semences paysannes de légumes, à planter en automne, mais également des graines pour le printemps. La grainothèque a enregistré un don de graines de fleurs et plusieurs promesses de dons.

Nous avons même rallier à notre projet 4 nouveaux adhérents. Ils suivront les cours de jardinage du samedi au GardenLab pour apprendre à cultiver les semences paysannes, en prenant soin de la terre et du vivant.

Oeufs de Oai

Oeufs de Oai

Que retenir sur la thématique de cet après-midi ?

Tout d’abord, la biodiversité des écosystèmes est gravement menacée. Il en est de même de nombreuses espèces animales et, près de nous, de l’abeille, considérée désormais comme

une espèce en voie de disparition.

Pour la biodiversité végétale, les lendemains ne sont pas meilleurs. Des plantes sauvages disparaissent à la vitesse de l’urbanisation, de la pollution et de la déforestation.

Quant aux espèces cultivées, l’érosion de la diversité depuis l’apparition du catalogue, dans les années 50, est évidente. Les semences hybrides F1 et les semences industrielles, en général, sont les seules commercialisables. Il en découle une perte des qualités gustatives et nutritionnelles car ces variétés ont été conçues uniquement pour des objectifs de production, de mécanisation et de conservation.

Ensuite, la mainmise des multinationales de l’agrochimie sur les semences, via les brevets et les Certificats d’Obtention Végétale, est une menace pour notre souveraineté alimentaire, pour la conservation de notre patrimoine, pour la biodiversité et pour la démocratie.

Enfin, les semences industrielles représentent un grave danger pour les sols et l’environnement mais aussi pour notre santé. Elles nécessitent un usage intensif des intrants chimiques.

Le documentaire de Christophe Guyon est, par ailleurs, alarmant pour ce qui concerne les OGM pour lesquels aucuns tests de toxicité rigoureux et indépendants ne sont effectués. Certains OGM (par mutagénèse) ne sont pas juridiquement considérés comme tels et échappent à la législation sur les OGM.

Il n’y a plus d’espoir ?

Nous pouvons relever une avancée : le nouveau règlement européen sur l’agriculture biologique permettra que les agriculteurs bio, à partir de 2021, utilisent les variétés anciennes et réensemencent leurs champs avec les graines qu’ils auront produites.

Au niveau national, la loi Egalim votée, le 2 octobre 2018, autorisait les associations, notamment, à vendre les semences paysannes aux jardiniers amateurs.

Nous nous en réjouissions, samedi dernier, car cela pouvait favoriser un usage plus répandu de ces variétés non commercialisées, jusqu’à maintenant, et donc oubliées dans les jardins potagers.

Censure

Le GNIS s’alarmait de cette autorisation. Le lobby des semenciers industriels a fait le reste. Des sénateurs ont saisi le Conseil Constitutionnel qui a décider de rejeter l’article 78 de la loi Egalim concernant les semences paysannes. ici

En conclusion

Restons mobilisés pour défendre les variétés paysannes libres et reproductibles !

Continuons de les diffuser grâce à la grainothèque !

Nous les cultiverons prochainement au jardin de semences, sur le Garden Lab, à Gignac-la-Nerthe !

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